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Jouer et lire avec son tout-petit mobilise plus son cerveau qu’un film, selon une étude

Lire une histoire ou faire un puzzle avec son tout-petit mobilise davantage son cerveau que regarder un film à ses côtés : c’est ce que montre une étude de l’université Northwestern, publiée le 12 octobre dans la revue Brain and Language, qui a mesuré l’activité cérébrale d’enfants pendant des moments de jeu bien réels.

En bref
• Les chercheurs ont suivi 49 enfants de 24 à 44 mois, équipés de bonnets EEG souples, avec leur parent.
• Pendant la lecture et les puzzles partagés, leur activité cérébrale liée à l’attention et à l’engagement social était plus marquée que devant un film.
• Les mêmes tendances apparaissent chez les enfants autistes et chez ceux qui ont un retard de langage.
• Le message pour les parents : ce sont les moments d’échange, pas le contenu de l’écran, qui comptent.

Comment l’étude a-t-elle été menée ? #

La plupart des études sur le cerveau des jeunes enfants se déroulent en laboratoire, devant des images fixes ou des sons. L’équipe d’Elizabeth Norton, qui dirige le laboratoire LEARN de Northwestern, a voulu faire autrement, avec un dispositif baptisé « Social EEG », pensé pour observer le cerveau pendant des activités du quotidien.

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Selon le communiqué de l’université, 49 enfants âgés de 24 à 44 mois, avec des capacités de langage variées, avec ou sans autisme, ont porté des bonnets en tissu extensible qui mesurent l’activité électrique du cerveau. Avec leur parent, ils ont lu des livres interactifs et résolu des puzzles, puis regardé un film ensemble.

Les chercheurs ont ensuite revu les enregistrements image par image pour repérer les moments où parent et enfant étaient vraiment en interaction, et les ont comparés aux moments où l’attention de l’enfant était tournée vers le film.

Qu’ont observé les chercheurs ? #

Deux types d’ondes cérébrales ont été analysés. Les ondes alpha, dont la baisse est souvent associée à un état d’éveil et d’attention, et les ondes thêta, dont la hausse est associée à l’attention portée aux autres.

Le résultat est net : pendant les moments d’échange avec le parent, les tout-petits présentaient moins d’activité alpha et davantage d’activité thêta que pendant le film. « Même quand les enfants semblent très absorbés par un film, ce sont les moments d’interaction de qualité avec la personne qui s’occupe d’eux qui les mobilisent le plus », résume Brittany Manning, chercheuse à la faculté de médecine Feinberg, citée dans le communiqué.

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Elizabeth Norton, autrice principale, va dans le même sens : se connecter vraiment à son enfant pendant le jeu et la lecture fait passer son cerveau en « mode apprentissage ». Il s’agit de son interprétation des mesures, pas d’une mesure directe des apprentissages, mais elle rejoint ce que l’on sait du rôle des échanges dans l’acquisition du langage.

Et chez les enfants autistes ? #

C’est l’un des enseignements les plus inattendus selon l’équipe. Les mêmes tendances cérébrales sont apparues chez les enfants autistes et chez ceux qui présentent un retard de langage. Comme le relève Pourquoi Docteur, ces enfants ont parfois des interactions sociales moins fréquentes, mais leur cerveau réagit tout autant pendant ces moments d’échange.

Pour les parents concernés, c’est un message encourageant : chaque moment partagé compte, même s’il est plus court ou plus rare. Les chercheurs prévoient maintenant d’analyser les données recueillies chez les parents, pour savoir si les cerveaux se synchronisent pendant le jeu et si cela est lié au développement du langage.

Comment transformer ces résultats en gestes du quotidien ? #

Inutile de bouleverser votre organisation. Les activités testées sont les plus simples qui soient : un livre que l’on feuillette ensemble, un puzzle que l’on termine à deux. Ce qui fait la différence, c’est l’échange : nommer les images, poser une question, attendre la réponse, rire d’une erreur.

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Avec un tout-petit, un livre interactif à rabats ou à toucher se prête bien à ces allers-retours. L’enfant montre, le parent nomme, l’enfant répète. Le puzzle fonctionne de la même façon : on cherche ensemble la pièce, on commente la forme ou la couleur, on félicite.

Les jeux de tri, les imagiers, les jeux d’encastrement ou les petits jeux de rôle (la dînette, le garage) offrent les mêmes occasions de dialogue. L’important n’est pas le jouet le plus « éducatif » du rayon, mais le temps passé à jouer avec l’enfant plutôt qu’à côté de lui.

Faut-il bannir les films ? #

L’étude ne dit pas cela. Elle compare deux situations et montre que l’interaction mobilise davantage le cerveau que le visionnage. Un dessin animé peut avoir sa place dans une journée, surtout s’il devient lui-même un sujet d’échange : on commente, on se souvient de l’histoire, on rejoue une scène avec des figurines.

Le vrai point de vigilance concerne la place qu’occupent les écrans dans le temps disponible. Chaque moment passé devant un film est un moment qui n’est pas consacré à ces échanges que l’étude met en valeur.

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Questions fréquentes #

Quel âge avaient les enfants de l’étude ?

Ils avaient entre 24 et 44 mois, soit de 2 ans à un peu moins de 4 ans.

Les bonnets EEG sont-ils désagréables pour les enfants ?

Les chercheurs ont utilisé des bonnets en tissu extensible adaptés aux enfants, qui mesurent l’activité électrique naturelle du cerveau depuis le cuir chevelu.

Quelles activités privilégier avec un enfant de 2 ou 3 ans ?

Celles de l’étude sont faciles à reproduire : lire un livre interactif ensemble et faire un puzzle à deux, en parlant tout au long de l’activité.

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